ARLES ANTIQUE
Grands souffles lumineux, creux glacés du mistral
Découvrez moi le dieu qui dort dans le limon
Remuez-moi ces eaux sous les siècles étales
Je veux voir sa figure, il fut sage et démon
Faites que d’un bras fort, tel un nouveau Persée
Vers mes yeux fascinés par les yeux qui ne cillent
Je puisse soulever, lourde de ses pensées
La tête de César au front mangé d’anguilles
Guerre, effroi, pleurs, et feu, mais aussi Cléopâtre
Des foules subjuguées, la mort comme un théâtre
Quand son génie grisé lui suggéra un trône
Aux branches d’un platane, appendons ce vieux marbre
Et que passe le vent comme il veut dans les arbres
Car mon petit bateau s’éloigne sur le Rhône
