D’UNE ANNONCIATION DE ORAZIO GENTILESCHI
Elle est souple et légère comme un saule
Et se courbe gracieuse au vent de dieu
En serrant son manteau bleu sur l’épaule
Un fin sourire à la bouche et aux yeux
Et semble ne pas peser sur le sol
Comme hissée sur la pointe des pieds
Une main sur le coeur, l’autre éployée
Voyez ! c’est un salut et presqu’un vol !
Un blond adolescent d’un seul coup d’aile
Sans façon s’est posé, tout auprès d’elle
Jarrets pliés, affermi, prosterné
Sous un lys à lourdes fleurs alternées
D’un geste, il montre vers le haut la nue
Et dans un long regard grave et viril
Tient captivée la tendre enfant nubile
Qui sur lui penche sa face menue
Un ciel carmin dégringole en drapé
Sur cette idylle, et l’on reste frappé
Par la grâce et la pesanteur étranges
Qui se jouent sous le doigt levé d’un ange
