DE GANYMEDE
Jupiter tournoyant darde ses grands yeux d’or
Sur des vierges en fleurs où Ganymède est roi
Et le dieu inverti du garçon fait sa proie,
Pour son intelligence et la grâce du corps
Lors l’oiseau de s’abattre en sa divine fièvre
Mais ce n’est plus Léda qu’amoureux il oblige :
Nul soyeux duvet blanc mais de dures rémiges
Et le bec recourbé ensanglante la lèvre
Les filles en piaillant voudraient chasser le dieu
Mais l’éphèbe extasié est enlevé aux cieux
Par l’aigle tout-puissant vers la mâle aventure
Et le mignon céleste aux lointains du Verseau
Puise lors des banquets suspendus dans l’azur
L’esprit et la beauté du fond d’or d’un grand seau
