DE LA FORET DE TRONCAIS
Sur l’étang, l’averse pétille vers la rive
La glaise est lourde aux pieds, colle grasse et mouillée
Les arbres sont vapeur à l’horizon brouillés
Un fil de la Vierge indéfiniment dérive
Nous ne pourrons jamais caresser ce chevreuil
Ni cheminer insouciants de son pas d’enfance
Nous ne pouvons prendre ce merle sans défense
Ni d’un chêne nous abandonner comme feuille
Il nous faudrait une âme de bête et d’enfant
Pour le monde de la grâce et de l’innocence
Les oiseaux, leur vol, leur chant, la biche et son faon
Et pour le règne de la paix et du silence
Le végétal, le minéral, les eaux qui changent
Il nous faut muer notre âme en une âme d’ange
