DE LA VICTOIRE DE SAMOTHRACE
Une jambe est d’appui, la deuxième s’élance,
Une foulée m’enlève, un coup des ailes grèges,
De la marche et du vol je pèse et je m’allège ;
De ce pas triomphal savez-vous la jouissance ?
Mon corps est expansion, vigueur et plénitude,
Je donne et je retiens la gloire de ma chair,
Mon ventre doux, ma cuisse, et mes seins hauts et fiers,
Dans la brise drapée qui la cache et dénude.
Comme le rostre est lourd sous ma forme aérienne !
Du monde d’ici-bas j’accepte l’équilibre
Mais dans la pesanteur les dieux demeurent libres.
Que perdure à la proue ma figure olympienne
Et vous ramène au beau, à ma hanche et mon torse
Où luttent sans vaincu la grâce avec la force.
