DE LA VIERGE AUX ROCHERS de Léonard de Vinci I et II
DE LA VIERGE AUX ROCHERS (I)
La Vierge et l’ange, un sourire les divinise
Et des enfants, le regard heureux s’éternise
De miel et de lait sont peintes leurs têtes blondes
Léonard, étais-tu vraiment dans notre monde ?
Ô vous les bienheureux ravis en pieux désirs !
Vos mains, vos bras, vos yeux, vos bouches et vos coeurs
Ne sont que pour aimer, caresser et bénir
Vos mains surtout, pleines de grâce et douce ardeur
Si tendres et menues, ou longues et légères
Vos mains sont des oiseaux, des ailes messagères
Car pour le grand amour, point besoin de paroles
Mais l’un pour l’autre un regard, un geste et un vol
Ô vous les bienheureux assemblés au Jardin
Entre rochers et fleurs oubliés en prière !
Sur Jésus va se poser la main de sa mère
N’est-ce pas la colombe au-dessus du Jourdain ?
Et vous vous contemplez, âmes en sainteté
Sous le dais de roc sombre infusé de clarté
Où je vois dans vos corps et dans vos signes purs
La lumière et la paix qui refoulent l’obscur
Ainsi la Galilée…puissé-je y parvenir
Par le coeur et le beau, par l’ange et le sourire
DE LA VIERGE AUX ROCHERS (II)

Les immortels assis sous le portique
Se déclarent leur amour angélique
Nichés dans l’intime et le clair-obscur
Entre le ciel tendre et les rochers durs
Ils sont glorieux de leurs corps et leurs âmes
Qui sont entre eux, pour eux, vrais, beaux et bons
Et les uns pour les autres vives flammes
Quand souffle le Saint Esprit vagabond
N’est-ce qu’une ombre ou l’ombre d’un sourire
Sa bouche est un sourire avant qu’il naisse
Est-ce dans un songe, est-ce de plaisir
Elle a les yeux mi-clos, c’est d’allégresse !
Des éternels dans le jardin de marbre
La chair rayonne une douce lumière
On voit dans les Champs Elysées sans arbres
Des fleurs, une aube et peut-être la mer
Ce parvis des dieux où vont nos soupirs
Est la porte du paradis perdu
Très loin, où nul jamais ne s’est rendu
Sans voir d’abord un ange et un sourire
