DE LA VIERGE DE NOVGOROD
Quand s’est fiché dans l’œil votre trait sacrilège,
Mon image a pleuré du sommet du rempart
Des larmes et du sang sur la pente de neige
Et l’azur s’est voilé d’une paupière noire.
Les cloches affolées, les soldats se sont tus.
Une éclipse me cache, ô terrible merveille,
Et sombre la coupole aux effets de soleil,
Sa croix d’or est brisée, sa colombe abattue.
Retourne-leur la flèche, Enfant, ardent amour !
Transperce leurs cœurs durs, fais revenir le jour.
Restaure les couleurs sur le bois de tilleul
Et la paix dans le ciel et la blancheur en deuil,
Afin qu’en tes vieux murs en gloire j’apparaisse,
Dôme d’or qui se lève, ô Divine Sagesse.
