DE MOÏSE
La nacelle d’osier s’échappe dans l’eau noire
Ou les courants du ciel ; un tout petit garçon
Dérive ou s’aventure, étoile et nénuphar,
Et Yahvé sur les bords enflamme les buissons.
Le panier, utérus, les algues placentaires…
A quel enfantement, quel glorieux échouage
Nous prépare le Nil qu’ont engrossé tant d’âges
En poussant le berceau entre les luminaires ?
Ô tendresse du soir, paix ! Paix dans les roseaux
Où le vent s’est posé parmi les chants d’oiseaux !
Voici l’aigrette blanche et la servante noire,
Et puis voici vos mains, vos longues mains, princesse,
Enlevant le bébé d’une seule caresse
A l’abîme et au ciel dont le fleuve est miroir.
