DES AMANTS
La courbe de ta hanche est le bond de la biche
Le frisson de ma cuisse est le tendon du cerf
Epuisons l’encolure et la croupe et les nerfs
En ravageant les bois et labourant la friche
L’éclat dur de tes dents est nacre sous ma vague
Et mes longs cheveux fous, goémon dans ta bouche
Sois mon sable mouillé, le fond où je divague
Quand déferle un rouleau qui nous gifle et nous couche
Ta taille de cyprès, l’emporte mon mistral
Je dérange ton fard, pollen en poudre d’or
Tu rougis et tu ploies, colonne au port royal
Mais je reviens à moi en te voyant qui dors
Je m’étends contre toi, ne sais plus que cela :
Le parfum de ta natte est un vent de lilas
