DES TOUT PETITS ENFANTS
Comme du fond de champs de fleurs
Les yeux des bébés nous regardent
Leurs voix de flûte babillardes
Evoquent les grillons chanteurs
Et nous cueillons ces feux dans l’ombre
Pour épanouir nos vieux coeurs sombres
Nous nous penchons pour écouter
La vie de l’éternel été
Dans les berceaux de soie et d’or
Au fond de leur moelleuses chambres
Ils dansent de leurs petits membres
Quand un dieu parle et les endort
Ils ne savent ni Dieu ni l’être
Le nu désir est leur seul maître
Leur âme est une longue friche
Où court - innocence - une biche
Ils sont d’Eden, les petits hommes
Ils vont ravis, sans connaissance
Dans le jardin de la naissance
Avant le serpent et la pomme
Ils prennent aux corps chauds des mères
La crème et le sucre de l’âme
Et l’homme jalouse la femme
La bouche, et le sein qui la ferre
Leurs larmes sont la fin du monde
Mais de leurs auréoles blondes
Et leurs sourires en rosaire
Ils désarmeront les enfers
