D’UNE VESTALE
Le temps comme une eau sombre éteindrait mon feu clair
Si je ne veillais, vierge, à contenir l’obscur
En nourrissant la flamme à l’or d’une huile pure
Et moi-même jeûnant pour sanctifier ma chair
Des bandeaux de lin blanc cachent mes longues tresses
Et de mon jeune corps seule une épaule est nue
Que couvrent de baisers de beaux dieux inconnus
Quand j’inspire en passant la grâce et l’allégresse
Je vais d’un pied léger en soufflant sur les braises
Et tout, autour de moi, se soulève et s’apaise
Comme fait la lumière entre mes doigts radieux
A la source du feu, j’allume mes grands yeux
Et quand viendra la Vierge écrouler les hauts marbres
D’un seul de mes regards, j’embraserai les arbres
