ET LE SEIN D’ABRAHAM...
Et le sein d’Abraham est comme un sein de mère
Où des petits corps nus s’assemblent de poussières
Palpitant, et nourris de lumière et de sang
Par le coeur neuf du monde et le jour renaissant
Malgré les grondements des tremblements de terre
Ils rêvent et sourient dans leur bulle de mer
Seule la voix du Père au creux de leur oreille
Les étonne, et dérange un instant leur sommeil
Sous leur fine paupière étincellent l’orange
Le vert et le violet quand tombent des étoiles
La chaleur et la paix infusent dans leur moelle
Puis – n’a-t-il pas les traits doux de leur mère ? – un ange
Quand l’abeille à nouveau bourdonne dans les fleurs
Les délivre en chantant et les prend sur son cœur
