FANTAISIE SUR ULYSSE
J’ai mangé les rayons des ruchers du soleil
Bu les reflets d’argent la nuit sur les lagunes
Tiré le noir vaisseau le soir entre les dunes
Où vint le vent ailé nicher dans mon oreille
J’ai tant rêvé de toi sur les eaux d’infortune
Ô mon unique amour ô toi la sans-pareille
Que même l’hécatombe et les doux seins de lune
N’ont pu guérir ma peine et calmer mon sommeil
Cependant que Mentor et le beau Télémaque
Quittent en grande hâte Argos aux fiers chevaux
Pour déterrer mon arc sous les cyprès d’Ithaque
Et quand de l’odyssée je défais l’écheveau
Je remonte du fond où les morts vont rampant
La tête de Méduse aux cheveux de serpents
