LA FLECHE AIGUË DU TEMPS
Ne dormez-vous jamais, ô mes intimes Parques ?
Lumineuse et brûlante à ses arêtes d’or,
La flèche aiguë du temps fouille au fond de mon corps,
Vraie cible de la course où l’a décochée l’arc.
Comme un daim échappé insoucieux des cors,
La chair qui m’est donnée parcourt son vaste parc,
Guidée vers l’avenir par le trait de phosphore
Qui déjà se retourne et lui porte sa marque.
La pointe de beau feu me fait vivre et me tue,
Sa peine et son délice un peu me perpétuent
Avant qu’au dernier mur ne s’abatte la proie.
Mais qui courba le bois ? Mit la corde, ô Puissances ?
Dévoilez un instant ma mort ou ma naissance,
Qu’apparaisse l’Archer, au risque de l’effroi.
