LA JEUNE ROSE QUI S’INCLINE…
La jeune rose qui s’incline
Sur le cadran de marbre blanc
Quand l’heure d’ombre s’y dessine
Laisse tomber des pleurs sanglants
Ouvre-moi les bras mon amour
J’ai peur, entends-tu la colombe
Comme une âme enlevée au jour
Chanter ce soir sur une tombe ?
Vois-tu la lune tremblotante
Comme un ange entre les cyprès
Guider des ombres chuchotantes
Dans les allées aux lourds secrets ?
-Il est si froid ton doux sein rond
Et comme tes lèvres sont pâles !
Tendrement j’essuie sur ton front
La male sueur et les étoiles
Ne crains rien, ce n’est qu’un poème
La rose est morte il y_a cent ans
La nuit est grosse du printemps
Et tu vivras puisque je t’aime
