LE CHEMIN DES DOUANIERS
Sur les courants du Golfe emportés dans vos barques
Du flot et du jusant dévalant les écluses
Vous buvez, vous riez, vous chantez pour les muses
Je marche d’un pas lent en écoutant les Parques
J’épie le mouvement de la marée des âmes
Elles touchent le bord avec l’algue et la mer
La nuit comme vos feux, énigmatiques flammes
De jour comme vos focs, gonflées en blancs suaires
Elles s’écrient comme des sifflets de cristal
Puis vers la voie lactée s’envolant comme étoiles
Ou dans le cours des jours descendant pour renaître
Rêvent des doux corps chauds dont elles seront maître
Ô vie ! le vent soulève un essaim d’ailes blanches
Qui vient crier rieur tout autour de vos planches
Vos mâts gracieux s’inclinent sur les vertes rives
Pourriez-vous des années arrêter la dérive
Suis-je vivant ou bien suis-je mort, Avalon
Etes-vous vivants, êtes-vous morts, vous au loin
Sous le joli fanal et la voile ballon
Ombres dans le bateau quand la nuit le disjoint
