LE TEMPS QUI PASSE EN MOI...
Le temps qui passe en moi n’est pas celui du ciel
Mais celui de la bête et de l’herbe qu’on fauche,
La nuit seule est certaine et l’âme insubstantielle,
Nulle étoile à ma droite et nul ange à ma gauche.
Mon passage est obscur loin du monde esssentiel,
Dans le temps de mon corps, je ne suis qu’une ébauche,
Mais j’entends ma durée, mon coeur providentiel,
Voici l’aube à nouveau où la nuit se débauche.
Que crépite ma joie dans la paille qui brûle !
Que s’écoule mon sang de la bête qui hurle !
Que m’inspire aveuglé le soleil au levant !
Me viennent la vision, la force et la hauteur,
La compassion, la paix, la lumière et l’ardeur :
Je suis l’ange en moi-même et l’étoile en avant.
