LONGTEMPS J’AI CRU TROUVER A BOIRE...
Longtemps j’ai cru trouver à boire
Aux pavillons de la lumière
Dressés au fond des ciels de gloire
Ah ! quel orgueil, j’étais si fier !
La coupe débordait de flammes
Mais je n’y pus presser mes lèvres
Eblouir la nuit de mon âme
Et vivre à jamais dans la fièvre
La terre était plus grande alors
Ainsi que mon intelligence
Mais étroit mon coeur, incolore
J’avais perdu la voie d’enfance
Je pris par un bois presque obscur
Là où scintillaient quelques fleurs,
Dans mon coeur coulait un murmure
Qui me guidant chassait la peur
J’ai retrouvé la source claire
Intime et fraîche au fond du val
Sur notre si petite terre,
Et c’est la nuit, mais mille étoiles
Quel sortilège à qui le puise
Ce filet d’eau qui ne s’épuise
L’intelligence est faite grâce
Le coeur grandi calme l’angoisse
O nuit ! vieille nuit insensée
Par les étoiles encensée !
Mon âme est un enfant fragile,
Asile en toi, mon dieu, asile
En toi
