PHARAON
Regardez-moi couler par la barge royale
Sur le long Nil en deuil vers la bouche de nuit
Déjà j’entends la mer car tout s’est évanoui
Le jour, les cris, les pleurs, dans l’encens vespéral
Fermez sur moi les murs de la chambre funèbre
Pour que s’ouvre le ciel où s’échappent les morts
Et mon étoile y monte au milieu des ténèbres
Où les dieux animaux font briller leurs yeux d’or
Quel vertige, et lumière, au creux du sarcophage !
Ma trace pour toujours est marquée dans les âges :
Au firmament nocturne où resplendit mon astre
Et dans la pierre usée de très anciens pilastres
Où un vol de vautours, à coups de becs, de griffes
A gravé mon cartouche et ses fins hiéroglyphes
