ANDROMAQUE, ESTHER, BERENICE... Hommage à Jean Racine
Andromaque captive au palais de Pyrrhus
Tient la main d’un enfant, implore le destin ;
Et Phèdre malheureuse à l’autel de Vénus
Brûle pour Hippolyte un encens incertain.
La chaste et pieuse Esther dans le lit d’Assuérus
S’efforce de sourire et cherche le matin ;
Tes pleurs, ô Bérénice, ont brouillé le lointain
De temples et de mer où disparaît Titus.
Sur les quais nimbés d’or que peignit Le Lorrain,
Je vois briller d’espoir vos yeux ultramarins
Dans les reflets des eaux et les rayons des dieux.
Et j’entends le vent doux dans les draps de couleur,
Et susurrer vos soies, et tressaillir vos coeurs
Sur les scènes de marbre où vous priez les cieux.
