RELISANT HOMERE
Mes mots sont bien trop neufs et ta bouche est trop tendre,
Trop fade cette écume, et soudain me reviennent
Une voix héroïque et des vagues anciennes :
Je peux aimer enfin, j'entends crier Cassandre.
Un embrun plus salé vient lécher mon visage,
Mon coeur rebat les flots, mon sein épuise l'air,
Quelle ombre en plein midi double mon pas moins sage ?
Je peux agir enfin, Achille est en colère.
On me pousse à la plage et j'y vois un cheval,
De fer et de bois creux ou de chair animale :
Je peux penser enfin, des dieux veulent pour moi.
Si paisibles la nuit, ma maison et mon bord !
Mais la mer en dansant vient y chanter des morts
Et je ne peux dormir car au loin brûle Troie.
