DEUX POEMES SUR LA MUSIQUE
I.DU CHANT ; A Aude de Percin
La raison produit la parole.
Mais le coeur, lui, souffle le chant
- Ou le baiser. Et s'épanchant,
L'âme en prière apprend son vol.
Si je parle, je dis le même.
Mais je renouvelle ma bouche
Pendant que je chante ou que j'aime.
Et dans l'Ave, l'Aile me touche.
Nul ne passe du même aux cieux
Sans le neuf et la tendre fièvre
Dont vibrent le coeur et les lèvres.
Le chant fait le verbe radieux
Par l'accord que savent les anges,
La voix, l'ardeur et la louange.
II. FUGUE

Créer d’un peu de nuit la charpente d’étoiles
Accueillir la clarté sous le toit de l’oreille
Bénir la chambre neuve et le cœur sous les voiles
Habiter la maison où les voix s’entréveillent
Accueillir le secret, le sens et les merveilles
Habiter les piliers qui portent les étoiles
Créer le ciel, créer le temps, rien qu’en l’oreille
Bénir les quatre voix car le cœur s’y dévoile
Habiter dans un temple à l’écho sans pareil
Créer l’échelle inouïe que montent les étoiles
Bénir le cœur enfant, renaître dans l’oreille
Accueillir dans les voix ce qui vient puis se voile
Bénir la nuit, le point mélodieux de sa toile
Accueillir chaque voix dans le nid de l’oreille
Créer le labyrinthe où tournent les étoiles
Habiter dans un cœur où l’harmonie s’éveille
