D’ANTIGONE
Pour donner au cadavre une couche et un toit
Comme veulent les dieux et le respect des morts
Antigone a creusé avec ses faibles doigts
Mais la terre est trop dure aux pleurs et vains efforts
Sur la chair et les plaies déjà rampent les mouches
Elle cache son frère avec un peu de sable
Puis s’étend au-dessus et lui baise la bouche
Eperdue, épuisée, mais pieuse et mémorable
Le rite est accompli : le corps est recouvert
Et les voici gémeaux dans le ciel des enfers
Son âme à lui est libre, Antigone demain
Elle se dressera pour répondre au tyran
Qu’à l’amour et aux cieux revient le premier rang
Puis finira l’étreinte une palme à la main
