DE DANTE GABRIEL ROSSETTI
Quelle enfantine main pour l’impossible oubli
T’arracha du caveau où les bras de la morte
Appelaient tendrement vers votre ultime lit ?
Ton ange t’a gardé, la vie fut la plus forte.
Et quel terrible bras, quel visage avili,
Après tous les chagrins que les années emportent,
Ont paru aux enfers pour t’en rouvrir les portes ?
Le maître des sabbats prêta sa main salie.
Quelle main sur tes yeux, muet, moderne Orphée,
Te sauva de l’horreur des restes de la fée ?
Quel doigt toucha la chair, la releva poèmes ?
Du livre devant toi, il monte tant d’images…
Est-ce le vent léger ou bien son geste même… ?
C’est elle à tes côtés. Sa main tourne les pages.
