LA VIOLONISTE PIQUEE PAR UNE GUEPE
La guêpe et la poire, où vibrait l’été
En note agacée et gras rayons d’or,
Ont chu sur le sol en bris entêtés,
Corde, éclats cuivrés d’alangui quatuor.
Mais l’insecte vif avise la lèvre
Du petit amour, et son violon crie
Quand goutte du sang à sa bouche mièvre
Que midi brûlant a trop tôt mûrie.
Suée, frissons, frayeur éperdue des cils.
L’archet est tombé, tout reste immobile
Hors l’odeur de vin des fruits écrasés.
A l’enfant boudeur, je vole un baiser,
Une perle rouge irriguant le cœur
D’accords capiteux d’alcool et de pleurs.
