DE LA VIERGE A LA FIN DES TEMPS, en écoutant Messiaen
Comme un fruit sur en novembre
La Terre croule, et sa branche
L’enfant divin sur Sa hanche
Cligne de ses grands yeux d’ambre
C’est une messe à minuit
Le globe bat comme un coeur
A l’unisson de Son coeur
Sous le linceul de la nuit
La lune rousse se fend
Pour libérer des parfums
Nous dansons d’un pas d’enfant
Sous terre où nous avons faim
Des prières et des corps
Tournent autour de Saturne
On voit l’envers du décor
Et la cendre bout dans l’urne
Des anges blancs vont et viennent
Sur la corde à noeuds d’étoiles
La trompette moins lointaine
Fait frissonner Ses longs voiles
L’univers est une rose
Mais plus qu’un bouton à peine
Sa lèvre juste déclose
Tremble en prononçant l’Amen
Au Fils Elle tend la fleur
Quel silence et quel désir !
Il l’élève et la respire
Un carillon donne l’Heure
Et la rose s’épanouit
Sur les mondes évanouis
