DE TRISTAN ET YSEUT
Tristan und Isolde, Richard Wagner, acte 1
Quand Yseut prit la coupe et but avidement
Pour étancher sa haine et leur donner la mort
La tempête en son coeur et les vents au dehors
Firent pencher la nef vers le fond sans amants
Puis Tristan but aussi et l'amour qui divague
En redressant la proue les fit chuter tous deux
Dans les bras l'un de l'autre où l'on devient des dieux
Tandis que bien et mal s'en allaient sur les vagues
Mais de l'âme et du corps l'intime connaissance
Est un philtre enivrant que pique l'amertume
Et leur baiser déjà avait un goût d'écume
La houle les berçait dans un lit d'innocence
Et l'étoile enflammée qui orientait l’étrave
Dévoilait leur étreinte aux noyés des épaves
