DES APPARITIONS DE LA RUE DU BAC
Quand l’ange m’éveilla, minuit était bien noir.
Je vis d’abord sourire au plus secret d’un rêve
Puis ma chambre éclairée ainsi qu’un jour se lève :
Un enfant s’y tenait, environné de gloire.
Je m’habillai en hâte et suivis prestement
Les petits pieds légers qui me guidaient au Ciel.
Mon cœur battait à rompre en allant vers Maman
Par les couloirs déserts au chœur de la chapelle.
Et là dans la nuit pure et le profond silence
Un froissement de soie me fit perdre le sens :
Je tombai auprès d’Elle, étreignis Ses genoux.
Je touchai, j’écoutai ; il n’y eut plus que Nous.
Et puis je vis aussi, après avoir veillé :
Des rayons s’échappaient de Ses mains éployées.
