DES GEMEAUX A LA FONTAINE DE JUTURNE
Ils mènent des chevaux à la source première.
Dans le marbre et les pins, quelle harmonie s'ordonne !
De leur beauté pourtant nul encor ne s'étonne,
La Ville est dans l'émoi de cent rumeurs dernières.
Ils se penchent sur l’eau, y lavent leur poussière,
Sur le fond de boue noir leur image rayonne
Quand à leurs bustes nus ils fixent l’acier fier.
Quel éclat, tout armés, sous l’arbre et la colonne !
Vers le vieux puits, plus tard, ils reviennent glorieux,
Si forts et si gracieux que les femmes s'émeuvent,
De la paix de leurs corps tout le peuple s'abreuve.
Epaulés tendrement et les yeux dans les yeux,
Il les voit reflétés au fond du ciel obscur,
Cavaliers lumineux, à jamais les Dioscures.
