DU REPOS PENDANT LA FUITE EN EGYPTE, DE CARAVAGE
L’enfance pure et nue étend son aile blanche
Sur le monde épuisé que menacent les ombres
Et la nacre rosée de la joue et la hanche
Diffuse une clarté dans le vieux chêne sombre
Sur un livret d’en haut, le fin profil se penche
Et des mains appliquées tirent d’un doux violon
Un motet pour la Vierge et son beau bébé blond
Alanguis tendrement sous la feuille et la branche
Des cailloux de couleur, du plantain ou chou vert
Nous font sentir le sol, la poussière et la Terre
Et la mule au gros oeil regarde en salivant
Mais le drapé de l’ange est léger comme un vent
Sur un tranquille étang déteint le Ciel radieux
Dans un bleu crépuscule où rêve l’enfant-dieu
Et nous sommes bercés par un chant d’innocence
La voix de l’abandon à l’éternelle enfance
