DU TOMBEAU D’INES DE CASTRO
Sous les voûtes d’Alcobaça repose Inès
La belle-au-bois-dormant sous la forêt d’ogives
L’amante au nom très pur, éternelle et pensive
En son gisant de marbre où sourit sa jeunesse
L’ardent baiser de chair du roi fou de douleur
Sur les lèvres de pierre où passaient les années
Fit sortir du tombeau le corps assassiné
Non le coeur et le souffle et les yeux du bonheur
Lorsque fut consommé l’émouvant sacrilège
De la couronne d’or et des ducs en cortège
On recoucha Inès entre les bras des anges
Mais quand au Portugal viendra dans la louange
L’ultime amant et roi dont le ciel est l’escorte
Il ira réveiller Inès la reine morte
