DU VASE BORGHESE, musée du Louvre
Ce marbre chante ! Une flûte y résonne
Au creux ; y vibre au bord un tambourin.
Ce marbre danse ! Une ronde lui donne
Sa grâce ; y tremble une vigne et ses grains.
Ce marbre est chair ! Silène y abandonne
Son corps ; s’y polit la chute des reins.
Ce marbre pense ! Ariane y raisonne
Du ciel ; lui sourit Bacchus souverain.
L’antique joie défile au flanc du vase
Vers l’avenir ! – Du dehors s’y écrase
Un coin de nuit qui casse la blancheur :
Je vois une urne en place des figures,
Des ossements, de la cendre et des fleurs,
La beauté vaine et l’humaine blessure.
