D’IPHIGENIE
Sur les degrés de marbre où me vêt le matin
Je descends recueillie vers la rive des Parques
Gaze blanche et lumière offerte au noir destin
Sous les regards impurs des soldats et des barques
Déjà mon souffle pur gonfle les voiles sombres
Déjà craque le bois vivifié par mon sang
Déjà dans le ciel neuf vont deux astres naissant
Mes yeux guidant les Grecs depuis la nuit des ombres
-J’entends d’Iphigénie battre le coeur touchant
La houle se soulève, emporte mon poème
Est-il rythmes plus doux pour cadencer un chant
Reçois ô sainte enfant mon sonnet pour diadème
Je le pose au tombeau à côté de ma lyre
Dans le sable et la soie du mot ensevelir
