NUIT BOURBONNAISE
Dans l’ardent minuit du bocage
Le ciel scintille de pétales
Et les haies sont fleuries d’étoiles
Tout dort en paix dans les villages
Un ange penche sur la mare
Dans l’ardent minuit du bocage
Les yeux de dieu où je vais boire
Avec la vache au doux pelage
Mugir, bramer, et les ramages,
Mille gorges font oraison
Dans l’ardent minuit du bocage
Où point n’est besoin de raison
Vers la lune monte la côte
Les feux follets du marécage
Sont des langues de Pentecôte
Dans l’ardent minuit du bocage
Mon âme est neuve au pâturage
Cachée dans les fleurs et les flammes,
Dans la glaise et le ciel, mon âme
Brûle la nuit dans le bocage
