TORSE D’ADELE
Au beau comme au désir ce corps flagrant s’expose
Et l’oeil a liberté de voir et de toucher
L’Eternel Féminin dans sa métamorphose
Adèle ardente et nue sans rien d’effarouché
Plus crûment dévoilée que nulle autre ne l’ose
Sa forme en marbre blanc tendrement fut couchée
On vit la femme alors comme Rodin la pose
L’amante originelle hors d’Adam détachée
Galbe étiré en arc ! généreuse tension
Mais douteuse faveur, équivoque beauté
Dont l’art et la caresse ont poli les côtés
Et s’il est tant de force à ta souple torsion
C’est qu’il te mit debout comme un étai de chair
Sous le poids écrasant du tympan de L’Enfer
